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“La révolution du potager, manuel d’écologie individuelle et collective” : auto-interview et auto-promo !

14/10/2021

Mon livre “La révolution du potager, manuel d’écologie individuelle et collective” est sorti le 28 avril 2021 après 6 mois d’écriture et de conception avec les éditions La Plage.

5 mois après la parution du livre et après quelques interviews dans des médias, il me semblait important de faire mon auto-interview et n’ai malheureusement pas eu le temps / l’énergie de le faire avant. Cette auto-interview a pour but de répondre à mes propres questions (et oui !) ou reprendre des questions chouettes que des journalistes ou des lecteur.rice.s ont pu me poser sur le livre ou mes convictions. Peut-être l’occasion pour vous d’en apprendre un peu plus sur le livre et son contenu ou sur l’origine de mes convictions, voire, qui sait, de vous donner envie de vous procurer mon livre ou de l’offrir autour de vous ! (ça tombe bien, Noël c’est bientôt et offrir des livres “engagés” ça peut être sympa pour semer des graines de révolution ! :))

Pour l’acheter, vous pouvez le commander directement sur Place des Libraires ou le commander auprès de votre librairie indépendante préférée ! (merci ❤️)

C’est parti pour une toto-interview et un peu de toto-promo ! (pour celles et ceux qui savent ^^)

Comment est né “La révolution du potager, manuel d’écologie individuelle et collective” ?

J’ai été contactée par la maison d’édition La Plage pour écrire un livre sur le potager au fil des saisons, accompagné de recettes végétariennes aux légumes de saison.

Mais la crise écologique et sociale que nous vivons (et qui tue déjà des millions de personnes partout ailleurs dans le monde) nécessitait selon moi un ouvrage politique et militant. J’ai souhaité faire de mon mieux pour donner au potager et à l’alimentation végétale un angle politique et pour honorer toutes les personnes qui m’ont transmis leurs connaissances, leurs ressources ou leurs points de vue, qu’elles soient universitaires, créatrices de contenus et/ou militantes.

“La révolution du potager” reflète mes réflexions et pensées à un instant T et ces réflexions évoluent constamment au fil de mon cheminement militant.

Quel est l’objectif du livre et comment a-t-il été réfléchi et conçu ?

Je souhaitais transmettre ma passion pour l’écologie, le monde animal et végétal et donner des clés de compréhension sur l’écologie systémique et politique. L’objectif est de sortir de l’éventuelle résignation qui peut s’installer et nous empêcher d’agir lorsque l’on prend conscience des violences du monde et de sortir de l’individualisme qui nous enferme dans une vision culpabilisante de l’écologie, déconnectée des enjeux politiques et systémiques.

(Attention, auto-citation !)

“Globalement, je souhaitais faire évoluer l’imaginaire des lecteurs et lectrices sur la radicalité écologique et sur l’écologie individuelle et collective, en leur montrant qu’il y avait de nombreux modes d’actions pour s’emparer de l’écologie, à différentes échelles et en fonction de ses moyens.” (Propos extraits de l’interview de Matthieu Delaunay sur La Relève et la Peste et son blog sur Mediapart)

Le livre a été réfléchi, conçu et classé par saisons pour que les lecteur.rice.s puissent s’emparer de la culture potagère, des recettes véganes et végétariennes et de pistes d’actions individuelles et collectives en fonction des saisons et des thématiques abordées. Le livre peut donc être consulté à chaque saison et chacun.e peut y trouver des pistes d’actions individuelles et collectives, que l’on ait envie / besoin de cultiver, que l’on ait un potager ou non, un jardin ou non.

Avec les éditions La Plage, nous avons souhaité faire un livre pratique et accessible à tous et toutes 🙂

Quel est son contenu ?

C’est la quatrième de couverture du livre qui l’explique le mieux !

En plus de vous donner des clés de compréhension de l’écologie au fil des saisons, cet ouvrage hybride entre livre de jardinage, de cuisine et essai d’écologie propose :
• des conseils pratiques pour cultiver en permaculture quel que soit l’espace à votre disposition et au fil des saisons,
• des interviews de paysan.ne.s ou de jardinier.ère.s amateur.rice.s qui nous livrent leur expérience,
• des recettes végétariennes et véganes pour donner des idées à celles et ceux qui souhaitent végétaliser leur alimentation,
• des idées pour rendre son mode de vie plus écologique à échelle individuelle,
• des pistes d’actions collectives pour s’engager dans la lutte écologique,
• des focus pour s’émanciper et aller plus loin dans nos réflexions sur l’écologie.”

Quelques exemples de contenus proposés dans le livre :

  • Pourquoi cultiver ses légumes : l’importance de la résilience alimentaire et de la culture locale
  • Résister à l’industrie des semences, un enjeu majeur de l’agriculture !
  • Jardiner en ville : c’est possible et nécessaire !
  • Focus : jardiner gratuitement ou presque : quelques astuces !
  • Éloge du jardin punk !
  • Focus : l’artificialisation des sols, un enjeu écologique majeur
  • Recette de quiche patate douce, fourme d’Ambert, noisettes
  • Cassoulet printanier et pain grillé frotté à l’ail
  • Focus : Le zéro-déchet, un impact à relativiser pour une charge mentale accrue sur les femmes
  • Focus : Réchauffement climatique, sécheresse et canicule : causes et conséquences
  • Focus : Le greenwashing, késako et pourquoi lutter contre ?
  • Recette : hachis parmentier de lentilles (vegan)
  • Focus : Planter des arbres suffira-t-il à sauver le monde ?
  • Recette : Tarte flambée champignons et poireau (vegan)
  • Recette : Gyozas carottes et poireau
  • Sois écolo, mange un riche !
  • Pour une écologie libertaire !
  • La répression : criminalisation et surveillance pour décourager le militantisme
  • Quelques ressources pour semer la révolution

Quelles ont été les difficultés et les facilités dans l’écriture du livre ?

“La révolution du potager” est mon premier livre et il a été écrit avec des difficultés mais aussi, et heureusement, des facilités !

J’ai écrit le livre pendant les confinements successifs liés au Covid-19, et même si j’ai eu le privilège de pouvoir être confinée dans des conditions matérielles confortables, la pandémie, ses causes et conséquences ont tout de même eu des répercussions sur mon état psychologique. Écrire un livre sur l’écologie lorsque des millions de personnes meurent ostensiblement d’une zoonose imputable à l’activité humaine, au capitalisme et l’artificialisation des sols n’était pas toujours aisé. Et écrire à un instant T alors que la situation économique, sociale et écologique se dégrade quotidiennement est un exercice difficile…

Le syndrome de l’imposteur (dont ne souffrent jamais les hommes) m’a aussi beaucoup accompagnée pendant la rédaction du livre. La sensation que tout ce que je faisais était affreusement nul, insuffisant, incomplet. Je souffre toujours de ce syndrome mais j’essaie d’avancer avec autant que possible !

Heureusement, j’ai été très bien accompagnée par Céline et Wendy des éditions La Plage, qui m’ont aidée à organiser mes idées et le livre et ont grandement facilité mon travail. Merci encore à elles ! J’avais également la chance d’avoir déjà beaucoup de contenus à disposition (recettes de cuisine, focus écologiques, réflexions politiques…) et la rédaction du livre m’a permise de poser mes idées par écrit et de centraliser les contenus diffusés à droite et à gauche ! (surtout à gauche 😌)

Les illustrations joyeuses, colorées et déter réalisées par ma cousine Gaea m’ont également donnée beaucoup de force et d’énergie ! (Je suis d’ailleurs super heureuse d’avoir pu réaliser ce projet en famille et aussi bien accompagnée !)

Comment suis-je passée d’une écologie individuelle dépolitisée à une écologie politique et radicale ?

Chaque cheminement militant est différent. J’ai grandi auprès de parents très sensibles à l’écologie et m’ayant appris très jeune et de manière rigoureuse le respect de l’eau, les économies d’énergie, le tri des déchets. J’ai également souvent vu mes parents jardiner et mon papa s’occuper du potager. À l’époque, je n’avais évidemment pas conscience que cela aurait des conséquences sur mes engagements actuels.

En sortant d’études de droit et sciences politique puis d’école de commerce (où je ne me suis jamais sentie à ma place), je suis partie vivre un an au Canada, j’ai beaucoup voyagé en avion, j’ai commencé à manger bio car j’en avais les capacités financières, je me suis intéressée au zéro-déchet et ai voulu devenir la parfaite petite écolo socialement valorisée qui se change elle-même “sans changer le monde”. Je suis devenue végétarienne par souci écologique avant de me rendre compte de la nécessité de l’être par éthique, j’ai arrêté de prendre l’avion, j’ai pris conscience des ordres de grandeur écologiques grâce à des lectures, écoutes, visionnages de documentaires… J’ai pris conscience que j’avais subi des violences patriarcales et que mes privilèges m’avaient permis de polluer allègrement au détriment d’autres personnes moins privilégiées que moi. Les injustices m’ont toujours révoltées et j’ai eu besoin / envie de lutter contre les injustices auprès d’autres personnes.

J’ai commencé à cultiver à ma petite échelle, à m’investir dans une asso de jardins partagés, puis dans des collectifs féministes puis à rejoindre un collectif écologiste radical en lutte contre un projet destructeur en bord de Loire. Ces expériences successives ainsi que les contenus et réflexions politiques d’autres personnes dont je me nourris quotidiennement m’ont ouvert les yeux sur d’autres réalités que la mienne. J’ai pris conscience que l’écologie était un combat féministe, anti-raciste, contre la précarité, contre le validisme, contre l’exploitation animale, et globalement contre toutes les oppressions. J’aime les humain.e.s (enfin, certain.e.s :P) et les non-humain.e.s profondément et je suis maxi en colère pour beaucoup de raisons différentes (comment ne pas l’être ?), ça donne une grande motivation et une rage immense pour militer et lutter contre les injustices et pour l’émancipation !

Mon cheminement écologique et militant est ponctué de plein de déclics qu’il est évidemment impossible de synthétiser et il se poursuivra jusqu’à la fin de ma vie 🙂 L’écologie et l’émancipation individuelle et collective sont des longs fils sur lequel on peut tirer à l’infini.

Pourquoi je parle de potager et de système agricole alors que je ne suis pas moi-même agricultrice ?

Super bonne auto-question Béné, auto-bravo ! 😛

Parce qu’il n’y a pas que les universitaires ou les professionnel.le.s d’un secteur qui peuvent savoir des choses et vouloir les transmettre. Mes quatre grands-parents étaient paysan.ne.s, j’ai une forte appétence pour le monde agricole (au risque de vous surprendre, pouvoir se nourrir, c’est important !), la cuisine (pouvoir transformer les légumes et pouvoir prendre du plaisir en mangeant, c’est également important hihi !), l’écologie, la lecture et je suis très attachée à l’esprit critique (certain.e.s me diront d’ailleurs “peut-être un peu trop”).

Ce n’est pas parce qu’un.e agriculteur.rice exerce son métier et nourrit des humain.e.s qu’il ou elle fait attention à préserver la biodiversité ou a des pratiques vertueuses (même si la pression agro-industrielle peut l’empêcher de changer ses pratiques radicalement). Ce n’est pas parce qu’un.e restaurateur.rice cuisine toute la journée qu’il ou elle sait comment cuisiner végétarien.

Gérald Darmanin s’autorise bien à diriger la police sans avoir jamais avoir été lui-même policier, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas évoquer un sujet qui me passionne et sur lequel je me renseigne vigoureusement et j’expérimente depuis 8 ans.

Est-ce que le terme “révolution” dans le titre ne serait pas un peu exagéré ?

Je considère que la révolution doit s’ancrer dans tous les aspects de nos vies individuelles et collectives. Les conséquences du système agricole conventionnel sont par exemple telles qu’il y a une nécessité impérieuse à le transformer radicalement et à le révolutionner. Dans mon livre, j’essaie de donner des clés de compréhension pour que chaque personne puisse se saisir de la révolution du potager, quel que soit son stade de cheminement et ses capacités.

On ne fera pas la révolution tous seul.e.s dans nos potagers respectifs mais à plusieurs millions en lutte contre des pratiques économiques, écologiques et sociales destructrices.

Le terme sera probablement trop fort pour certain.e.s mais je préfère ma vision de la révolution à celle de Macron (oups !).

Pourquoi donner des pistes d’actions individuelles alors que l’engagement individuel a un impact minimum sur les causes et conséquences systémiques ?

On ne nait pas révolutionnaire ou militant.e et si l’action individuelle est nécessaire mais très insuffisante pour lutter contre le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité (ainsi que contre toutes les injustices sociales), l’écologie individuelle peut être une excellente porte d’entrée pour s’engager vers une écologie collective. Je suis également convaincue que comprendre comment fonctionne son potager ou la biodiversité autour de chez soi peut permettre d’avoir des clés de compréhensions systémiques.

Par ailleurs, si l’écologie individuelle et le colibrisme sont insuffisants, l’écologie individuelle a tout de même un impact et peut permettre d’être davantage en cohérence avec ses convictions (ce qui est toujours plus sympa quand on peut l’être). Si je lutte contre le modèle agro-industriel, c’est logique pour moi de ne pas manger de viande issue d’élevages intensifs. Si je lutte contre les énergies fossiles et la surconsommation d’énergie, c’est logique de revoir ma mobilité individuelle si j’en ai les capacités. Si les bananes vendues en France proviennent des Antilles qui ont été polluées au chlordécone par l’ordre colonial, c’est logique pour moi d’en manger très peu ! Cependant, je ne m’auto-flagelle ou ne culpabilise pas au moindre “faux pas” et préfère mettre mon temps et mon énergie dans un rapport de force collectif que dans l’impossible perfection individuelle.

Pourquoi parler d’anarchisme de façon choupi alors que nous ce qu’on veut c’est abolir le capitalisme et l’Etat ?

Parce que les deux ne sont pas incompatibles selon moi ! Il y a plein de manières d’agir, de parler d’anarchisme et d’être anarchiste et c’était important pour moi de montrer que l’anarchisme est une lutte contre les violences et les rapports de domination en plus d’une lutte contre le capitalisme et l’Etat, avec amour, rage et solidarité !

Les propos de mon livre peuvent être trop doux pour plein de copaines anarchistes et trop radicaux pour plein d’autres personnes pas forcément politisées, mon livre est imparfait et le sera toujours, comme moi ! (même si l’imperfection n’est évidemment jamais un totem d’immunité)

Est-ce que la promo du livre se passe bien et suis-je satisfaite de l’accueil du livre ?

C’est bizarre d’avoir écrit un livre et de devoir en faire la promotion. C’est bizarre de voir son livre dans des grandes librairies ou de signer des dédicaces avec une écriture horrible. C’est bizarre d’être interviewée par des médias que tu lis, écoutes et aimes depuis plusieurs années. C’est bizarre de rencontrer des lecteur.rice.s en vrai quand on est *un peu* anxieuse socialement. Mais c’est tout de même une super expérience que j’ai le privilège de pouvoir vivre alors j’essaie d’en profiter !

Je suis vraiment enchantée des retours sur le livre et suis ravie que la majorité de mes lecteur.rice.s ne regrettent pas leur achat (c’est toujours pénible de regretter un achat, vous ne trouvez pas ? ^^). J’ai reçu plein de mots doux sur mon livre et ça me permet d’annihiler un peu mon syndrome de l’imposteur, merci à toutes les personnes qui l’ont acheté / vont l’acheter ou l’offrir et merci à celles et ceux qui m’envoient des messages à son sujet !

Des regrets ?

J’ai des mini-regrets qui n’enlèvent rien à cette expérience incroyable. Je regrette souvent que mon livre soit classé exclusivement dans la catégorie jardinage ou qu’il ne soit pas forcément pris au sérieux à cause de la couverture dessinée et colorée (il a même été classé parmi les livres pour enfants dans une librairie 😠 *bébés révolutionnaires are coming*).

Je regrette qu’il y reste plein de coquilles mais comme dirait Julie Finidori, ma super agente, c’est parce qu’il a été fait par des humain.e.s et c’est cool ! Je regrette qu’il manque plein d’écriture inclusive, ça hérisse mes poils que de savoir que certains mots n’ont pas été féminisés ! ^^

Mais les personnes qui me connaissent en vrai diront que je ne suis jamais contente et que je dois lâcher prise, elles ont raison !

Le livre est un peu cher à l’achat, pourquoi l’est-il autant et comment faire pour le lire gratuitement ?

Le livre est à 24,95€ (pour 180 pages illustrées et colorées), ce qui, je le conçois, est un prix trop élevé pour beaucoup de personnes.

J’aurais évidemment préféré que mon livre soit gratuit pour tous et toutes ou à prix libre mais il y a plein d’acteur.rice.s à rémunérer dans le circuit de production et de distribution du livre et je suis pas décisionnaire du prix de vente. L’auteur.rice d’un livre touche d’ailleurs une part dérisoire du prix de vente du livre… et j’ai pourtant beaucoup de chance d’avoir publié mon livre avec les éditions La Plage, qui font de vrais efforts pour rémunérer plus dignement les auteur.rice.s avec lesquel.le.s elles travaillent !

Si vous désirez lire mon livre à moindre frais, vous pouvez par exemple l’acheter à plusieurs et le collectiviser ! Et vous pouvez également le commander auprès de votre médiathèque préférée pour qu’il soit accessible au prêt au plus grand nombre ! 🙂

Revue de presse de “La révolution du potager”

Et enfin, pour terminer, une petite revue de presse ! Merci d’être arrivé.e jusqu’ici ! Courage, amour et rage ! ❤️

  • J’ai également fait la Une de Top Nature (si on m’avait dit que mon nom serait en Une d’un magazine, wow !), disponible gratuitement dans les magasins bio !
  • Reply
    Natasha Échos verts
    15/10/2021 at 15:26

    Super auto-interview 🙂 ! Ton livre est vraiment unique en son genre, il lui faudrait un rayon à part entière, c’est peut-être pour ça qu’il se retrouve classé n’importe où, haha !

  • Reply
    Emilie
    19/10/2021 at 21:30

    Une auto-interview qui envoie du bon bois de chêne vert. Même si je pense connaître ton cheminement, c’est toujours hyper intéressant de redécouvrir comment tu en es arrivée là et de voir que le parcours n’est jamais terminé. Super idée de recommander ton livre pour Noël par ailleurs. ^o^

  • Reply
    Maartje
    10/11/2021 at 22:13

    Super auto-interview ! Pour un super livre. Je l’ai auto-commandé pour la médiathèque où je travaille et je pense (me) l’offrir aussi ! Au plaisir de te lire ici ou là !

  • Reply
    mr Azote
    27/11/2021 at 00:40

    Bravo il faut toujours aller a fond et la route n’est pas finie encore beaucoup d’actions a planifie

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